histoire des hymnes nationaux français et algérien

Un hymne national est généralement un chant patriotique, souvent choisi pour l'usage officiel par le gouvernement en place, bien qu'il puisse aussi s'imposer par l'usage. La plupart des pays ont adopté un hymne national, qui peut coexister avec d'autres chants patriotiques.

Les hymnes nationaux sont habituellement chantés à la fois dans la langue commune du pays, qu'elle soit de facto ou officielle.

Durant l'émergence des États nations au XIXe siècle et au XXe siècle siècles, la plupart des nations adoptèrent un hymne une fois leur indépendance proclamée. Du fait de l'influence coloniale européenne, beaucoup furent influencées de la même façon, et donc plusieurs hymnes en dehors d'Europe sont de style européen.

L'hymne national peut être prévu dans la constitution, édicté par une loi votée par la législature, ou simplement par tradition. La majorité des hymnes nationaux sont à la fois des hymnes et des marches. Les pays d'Amérique latine tendent vers des compositions opératiques, tandis qu'une poignée de pays utilisent une simple fanfare.

Pour la Marseillaise, l'hymne de la République française, il a été écrit en 1792 et adopté en 1795.  Rappelons qu' il a été précédé par le Domine, salvum fac regem (Dieu sauve le Roi) écrit en 1686 par la duchesse de Brinon sur une musique de jean-baptiste Lully, qui servit d'hymne royal français jusqu'en 1792.

Le maire de Strasbourg, le baron de dietrich, avait demandé à Rouget de Lisle en garnison à Strasbourg d'écrire un chant de guerre. Rouget de Lisle retourna ensuite à son domicile en soirée, rue de la Mésange. Il composa ainsi un Hymne de guerre dédié au maréchal de Luckner.  Ironie du sort : le futur hymne national est ainsi dédié à un Bavarois qui sera guillotiné moins de 2 ans plus tard. C'est pourtant bien ce chant qu'il présenta le lendemain, à Dietrich, à son domicile . Cette scène a été immortalisée, notamment dans le tableau d'Isidore Plis, présenté au musée des Beaux-Arts de Strasbourg. Le chant retentit ensuite publiquement pour la première fois sur la place Broglie, devant l'hôtel de ville de Strasbourg.

L'historien strasbourgeois Claude Betzinger conteste cependant le lieu de la première exécution de la Marseillaise, celle-ci s'étant déroulée chez le maire, Frédéric de Dietrich, alors en froid avec sa famille, et domicilié à ce moment au 17, rue des Charpentiers à Strasbourg et non à la maison familiale des Dietrich.

Le texte est fortement inspiré d'une affiche de propagande diffusée à cette époque. L'origine de la musique est plus discutée, puisqu'elle n'est pas signée (contrairement aux autres compositions de Rouget de Lisle). Toutefois, la ressemblance avec la ligne mélodique de l'allegro maestoso du concerto pour piano n° 25 (datant de 1786) de Wolfgang Amadeus Mozart est à signaler. Le septième couplet, dit « couplet des enfants », date d'octobre 1792 ; il est attribué à Jean-Baptiste Dubois, Marie-Joseph Chénier et l'abbé Dubois

_________________________________________________________________________________________________________________________

Moufdi Zakaria (Poète de la révolution) est l'auteur de l'hymne algérien Kassaman, composé en prison en 1955.

Son véritable nom est Cheikh Zakaria Ben Slimane Ben Yahia Ben Cheikh Slimane Ben Hadj Aissa. Le surnom Moufdi, devenu son pseudonyme littéraire, lui a été décerné par Slimane Boudjenah, son condisciple au sein de la Mission Mozabite. Il est né le vendredi 12 Djoumada El Oula de l’an 1326 de l’hégire, correspondant au 12 juin 1908, à Beni Izguen (Ghardaïa) dans la région du Mzab, où il reçoit son enseignement primaire (Coran et langue arabe).

Il rejoint, ensuite, la Mission Mozabite, à Tunis, où il poursuit ses études, successivement, à l’École Es-Salem, l’École El Khaldounia et l’Université de la Zeïtouna. Il fréquente les soirées littéraires organisées par le grand écrivain tunisien Larbi El Kebbadi et se lie d’amitié avec le poète tunisien Abou el Kacem Chebbi et le poète Ramadhane Hammoud, son condisciple au sein de la Mission Mozabite.

Son premier poème accompli est celui intitulé : Aux gens du Rif, publié dans les journaux Tunisiens, Lissane Ech-Chaab (6 mai 1925) et Essawab, et égyptiens, El-Liwae et El Akhbar.

Moufdi Zakaria a accompagné par sa poésie et son militantisme le mouvement nationaliste à l’échelle maghrébine, adhérant en Tunisie pendant sa scolarité à la Jeunesse Destourienne, ce qui lui a valu d’être incarcéré pendant quinze jours ; participant activement aux congrès des Étudiants d’Afrique du Nord ; et militant en Algérie au sein de l’Étoile nord-africaine puis du Parti du peuple algérien dont il devient l’un des dirigeants les plus en vue. Il est alors emprisonné de 1937 à 1939.

Au lendemain du déclenchement de la Révolution armée, il adhère à la première cellule du FLN à Alger. Il est arrêté, jugé et condamné à trois années de détention, du 19 avril 1956 au 1er février 1959.

À sa sortie de prison, il quitte clandestinement le territoire algérien en direction du Maroc puis de la Tunisie pour y être soigné, par le Dr Frantz Fanon, des séquelles des tortures subies en détention. Il devient le porte-parole de la cause algérienne au Maghreb, à travers les organes de presse tunisienne et marocaine, et au Machrek, lors du Festival de la poésie arabe tenu à Damas, en 1961.

Après l’indépendance, il réside tour à tour dans les pays du Maghreb avant de s’établir à la fin de sa vie au Maroc. Il a, par ailleurs, activement participé aux séminaires sur la pensée islamique.

Moufdi Zakaria s’est éteint le Mercredi 2 Ramadan 1397, correspondant au 17 août 1977, à Tunis. Sa dépouille mortelle a été transférée en Algérie pour être inhumée à Béni Izguen.

Sous-pages :

Ajouter un commentaire

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site